Bienvenue à Paris ! 20 lieux gratuits à découvrir (un par arrondissement)
- Constance

- il y a 10 heures
- 18 min de lecture
Si vous venez d’arriver dans la capitale pour la rentrée, permettez-moi de me présenter : Constance, passionnée de patrimoine en tout genre, collectionneuse de jolies adresses et dénicheuse compulsive de sorties culturelles, parfois très connues, parfois beaucoup moins.
J’aime Paris pour ses grands monuments, évidemment, mais surtout pour tout ce que l’on finit par découvrir presque par hasard : une bibliothèque dans laquelle on n’aurait jamais pensé entrer, une chapelle cachée derrière un portail, un jardin qui donne soudain l’impression d’avoir quitté la ville, une ancienne demeure transformée en musée ou encore une voie ferrée abandonnée devenue promenade.
Alors, si vous faites vos premiers pas dans la capitale, j’ai décidé de vous offrir un petit cadeau de bienvenue : 20 lieux, un par arrondissement, que je vous conseille de découvrir cette année et qui sont accessibles gratuitement, au moins en partie.
Certains sont ouverts tous les jours, d’autres seulement à certaines périodes ou sur réservation. Certains sont de véritables institutions, d’autres sont de petits secrets que l’on se transmet presque sous le manteau. Et c’est précisément pour cela que je vous conseille de lire l’article jusqu’au bout : contrairement à Instagram (voici, pour rappel, le réel associé), j’ai ici un peu plus de place pour vous raconter pourquoi je les aime et surtout vous donner les informations pratiques pour y aller.
Et si vous préférez recevoir mes prochaines adresses directement dans votre boîte mail, vous pouvez également vous inscrire à la newsletter : vous serez ainsi prévenus à chaque nouvel article.

1er arrondissement - Quartier Jeunes
Adresse : 4, place du Louvre, 75001 Paris
Site et informations : ici
Si vous êtes étudiant ou que vous venez d’arriver à Paris dans vos premières années de vie professionnelle, c’est probablement l’une des adresses que je devais absolument vous donner. Installé dans l’ancienne mairie du 1er arrondissement, Quartier Jeunes (QJ) accueille depuis septembre 2021 les 16-30 ans. L’idée est plutôt chouette : réunir au même endroit une multitude de services destinés aux jeunes Parisiens et Franciliens, qu’il s’agisse d’emploi, d’orientation, de logement, de santé, d’accès au droit, de culture, de loisirs ou encore d’engagement.
Mais je vous avoue que ce n’est pas uniquement pour ces services que je vous envoie là-bas.
Le bâtiment lui-même mérite le détour. Vous pouvez notamment profiter d’une très belle salle historique pour travailler, lire ou simplement vous poser, ainsi que d’une terrasse en accès libre qui offre une jolie vue sur le Louvre.
Et si, comme moi, vous avez besoin d’un petit café pour avoir l’impression d’être productif, vous pourrez même en prendre un sur place pour environ 2 euros.
2e arrondissement - La salle Ovale de la BnF Richelieu
Adresse : 5, rue Vivienne, 75002 Paris
Site et informations : ici
Il y a beaucoup de raisons de venir dans le 2e arrondissement : les passages couverts, les anciennes galeries, les boutiques historiques … mais il y en a une qui justifie à elle seule le déplacement.
Le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France rassemble notamment la BnF, l’Institut national d’histoire de l’art et l’École nationale des chartes. Et au cœur de cet ensemble se trouve l’une des salles de bibliothèque les plus spectaculaires de Paris : la salle Ovale. Sa construction commence en 1897 sous la direction de l’architecte Jean-Louis Pascal et s’achève en 1932 avec Alfred Recoura. Elle est inaugurée en 1936 par le président Albert Lebrun.
Ses proportions sont impressionnantes : 43,70 mètres de long, 32,80 mètres de large et 18 mètres de hauteur. La gigantesque verrière centrale est entourée d’un décor d’acanthes dorées, tandis que seize oculi vitrés ponctuent la partie supérieure de la salle. Les rayonnages, les balcons et les colonnes de fonte donnent à l'ensemble une élégance presque théâtrale.
Après plusieurs années de travaux, la salle Ovale a rouvert en 2022 et est désormais accessible librement, sans avoir besoin d’être chercheur ou lecteur de la BnF.
Que j'aime ce genre de lieux à Paris : un décor qui pourrait sembler réservé à quelques initiés et qui est pourtant ouvert à tous ... Et ne partez surtout pas trop vite !! Depuis l’entrée, vous pouvez également apercevoir la salle Labrouste, autre chef-d’œuvre de l’architecte Henri Labrouste. Construite entre 1861 et 1868, elle est reconnaissable à ses neuf coupoles couvertes de faïence, portées par de fines colonnes de fonte. Le décor s’inspire notamment de l’architecture orientale et byzantine.
La salle Labrouste accueille aujourd’hui la bibliothèque de l’INHA et n’est pas librement accessible comme la salle Ovale, mais elle peut être visitée à certaines occasions, notamment lors des Journées européennes du patrimoine (dites « JEP » … retenez-bien pour la suite ! ) et de manifestations culturelles comme les Nuits de la lecture.
3e arrondissement - Les Archives nationales
Adresse : 60, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris
Site et informations : ici
Le 3e arrondissement est probablement l’un de ceux où il est le plus difficile de ne choisir qu’une seule adresse. Mais s’il fallait vraiment n’en garder qu’une, je vous enverrais aux Archives nationales.
Pourquoi ? Parce que vous avez presque trois visites en une.
La première est immédiatement accessible : l’hôtel de Soubise, dont les salons d’apparat accueillent notamment le musée des Archives nationales. Et si vous aimez les décors généreusement dorés, vous allez être servis.
L’histoire du bâtiment commence au XVIIIe siècle, lorsque François de Rohan-Soubise et son épouse Anne Chabot de Rohan achètent l’ancien hôtel de Guise en 1700. Ils confient sa transformation à Pierre-Alexis Delamair, puis, quelques décennies plus tard, à Germain Boffrand.
C’est à cette période que le lieu prend l’allure somptueuse que nous lui connaissons aujourd’hui.
Boffrand intervient notamment sur les appartements et imagine les décors intérieurs avec certains des plus grands artistes de l’époque : François Boucher, Charles Natoire, Jean-Baptiste II Lemoyne ou encore Jacques Verberckt. Les salons comptent aujourd’hui parmi les exemples les plus remarquables de l’art rocaille parisien.
Après la Révolution, l’hôtel est saisi puis acquis par l’État en 1808. Il devient alors le siège des Archives de l’Empire.
À partir de 1867, le musée des Archives nationales s’installe dans les salons d’apparat tandis que sont construits les fameux Grands Dépôts, destinés à conserver les documents de l’histoire de France.
Et c’est là que commence la deuxième visite.
Les Grands Dépôts et certains espaces des Archives, dont l'hôtel de Rohan, peuvent être découverts gratuitement à l’occasion de manifestations comme la Nuit européenne des musées ou les Journées européennes du patrimoine, via des visites guidées (strictement) particulièrement intéressantes.
Pour information, vous pouvez également accéder à d'autres visites (toujours gratuites, évidemment) de l’hôtel de Rohan, proposées ponctuellement sur réservation via Paris Explore (lien ici - complet pour le moment).
4e arrondissement - La Maison de Victor Hugo
Adresse : 6, place des Vosges, 75004 Paris
Site et informations : ici
Je vous préviens : celle-ci est accompagnée d’un petit astérisque. En effet, la Maison de Victor Hugo n’est pas gratuite toute l’année. Mais elle le devient lorsque le musée ne présente pas d’exposition temporaire, ce qui en fait une adresse à garder précieusement sous le coude. Si vous arrivez de la rue Saint-Antoine, vous passerez par le jardin de l'hôtel de Sully : un vrai passage secret que vous prendrez probablement grand plaisir à découvrir ! Vous arriverez ensuite place des Vosges, l’une des plus belles places de Paris. C’est au deuxième étage de l’un des immeubles qui l’entourent que Victor Hugo a vécu pendant seize ans, de 1832 à 1848. Il y écrit notamment une partie de ses œuvres et y reçoit de nombreux artistes et intellectuels.
L’appartement a été transformé en musée en 1902 et présente aujourd’hui plusieurs espaces consacrés à sa vie et à son œuvre, avec notamment des décors imaginés ou collectionnés par l’écrivain lui-même.
Attention donc, jusqu’au 22 novembre 2026, l’entrée est payante en raison de l’exposition temporaire. Elle redeviendra ensuite gratuite lorsque les conditions de gratuité habituelles seront réunies.
5e arrondissement - La chapelle de la Congrégation du Saint-Esprit
Adresse : 30, rue Lhomond, 75005 Paris
Site et informations : ici
Le 5e arrondissement est lui aussi franchement cruel lorsqu’il faut choisir une seule adresse. Il y aurait le Centre culturel irlandais, la superbe chapelle Sainte-Geneviève de l’église Saint-Étienne-du-Mont, le Collège des Bernardins, le jardin alpin du Jardin des Plantes (accessible via un souterain que l'on prend depuis le jardin de l'école de Botanique), la bibliothèque Sainte-Geneviève (qui propose des mini visites gratuites via ce lien) ou encore l’église orthodoxe roumaine des Saints-Archanges ...
J’ai finalement choisi un lieu beaucoup plus discret : la chapelle de la Congrégation du Saint-Esprit.
La congrégation est fondée à Paris en 1703 par Claude Poullart des Places. Elle se consacre notamment à la formation de prêtres destinés à servir dans des paroisses pauvres. À partir de 1816, le séminaire accueille également des prêtres destinés aux colonies françaises.
Les bâtiments actuels sont édifiés au XVIIIe siècle. La chapelle est reconstruite à partir de 1768, d’abord sous la direction de Nicolas Le Camus de Mézières puis de Jean-François Chalgrin. Ce dernier intervient également sur le bâtiment donnant rue Lhomond.
Pour entrer, il faut simplement oser sonner au portail. La chapelle reste un lieu de culte : la visite doit donc naturellement se faire dans le respect des offices et des personnes qui viennent y prier.
6e arrondissement - La chapelle Saint-Vincent-de-Paul
Adresse : 95, rue de Sèvres, 75006 Paris
Site et informations : ici
J'aime particulièrement cet arrondissement pour ses églises dont je vous avais déjà fait une brève sélection ici.
Mais ma favorite reste la chapelle Saint-Vincent-de-Paul, également appelée chapelle des Lazaristes.
Elle se trouve à quelques minutes du Bon Marché, face à l’ancien hôpital Laennec, et pourtant beaucoup de Parisiens passent devant sans jamais entrer. Quel dommage ! La chapelle appartient à la maison mère de la Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul. Elle conserve notamment les reliques de saint Vincent de Paul, placées dans une châsse au-dessus du maître-autel que vous pouvez aller voir (oui : on peut monter !).
Comme toujours pour une église, on y entre gratuitement, mais on respecte évidemment les offices et les personnes présentes.
7e arrondissement - L’Assemblée nationale
Adresse : 126, rue de l’Université, 75007 Paris
Site et informations : ici
Le 7e arrondissement est l’un des grands classiques du tourisme parisien… mais il réserve aussi quelques très bonnes surprises.
J’aurais pu vous envoyer (bis repetita : gratuitement) au musée de la Légion d’honneur, au Centre culturel italien, à la bibliothèque qu’il abrite ou encore dans certaines des très belles églises du quartier.
C’est l’arrondissement dans lequel vous passerez probablement une bonne partie des JEP… Et justement ! Tout le monde se précipite à l’Assemblée nationale durant ce fameux week-end, en oubliant qu’elle se visite gratuitement quasiment toute l’année dans de bien meilleures conditions (visites guidées dédiées à retrouver en cliquant ici).
Et je vous préviens : si, comme moi, vous aimez les bibliothèques, vous risquez d’avoir un coup de cœur.
Autre bon plan du quartier : si vous avez moins de 26 ans, pensez également au musée d’Orsay, dont l’accès aux collections permanentes est gratuit pour les jeunes ressortissants de l’Union européenne de moins de 26 ans (et pour tous, le premier dimanche du mois hors haute saison, sur réservation).
8e arrondissement - L’hôtel Cail
Adresse : 3, rue de Lisbonne, 75008 Paris
Site et informations (pour les JEP) : ici
Je vais vous révéler l’une de mes petites obsessions des Journées européennes du patrimoine : l’hôtel Cail.
Le bâtiment abrite aujourd’hui la mairie du 8e arrondissement et se trouve dans un secteur que l’on associe davantage aux immeubles haussmanniens, aux grandes avenues et au parc Monceau qu’aux hôtels particuliers du Second Empire.
Construit à partir de 1863 pour l’industriel Jean-François Cail, l’hôtel témoigne de l’ascension spectaculaire de la bourgeoisie industrielle du XIXe siècle. Cail avait fait fortune dans l’industrie mécanique et notamment dans les machines destinées à l’industrie sucrière. Il fait construire ici une demeure à la hauteur de sa réussite, dans cette nouvelle partie de Paris où industriels et financiers viennent alors installer leurs hôtels particuliers.
L’intérieur est particulièrement riche : boiseries, décors peints, sculptures, cheminées, plafonds travaillés…
Le lieu est donc accessible au public lors des Journées européennes du patrimoine, lorsque la mairie ouvre exceptionnellement ses espaces. C’est assez petit, beaucoup moins connu que certains grands monuments parisiens et, justement, je trouve que cela fait tout son charme. Pas d'attente, pas de monde. Autant dire que c'est vraiment précieux pour un week-end de JEP ...
9e arrondissement - La Société Générale
Adresse : 29, boulevard Haussmann, 75009 Paris
Site et informations : ici
Pour le 9e, j’ai longtemps hésité avec la bibliothèque Louise Walser-Gaillard, dont la salle historique est accessible gratuitement et permet même de jouer aux échecs.
Mais finalement, impossible de résister à la Société Générale du boulevard Haussmann. Et surtout à sa coupole.
Le hall de la banque est en effet surmonté d’une spectaculaire coupole Art nouveau qui culmine à environ 23 mètres de hauteur. Les décors mêlent ferronneries, mosaïques, bronze et motifs décoratifs qui témoignent du goût architectural de la Belle Époque. Au centre se trouve un vaste guichet circulaire surnommé « le fromage ». Il était équipé d’un système de tubes à air comprimé permettant de faire circuler les fonds entre les différents guichets… une technologie particulièrement sophistiquée pour l’époque. Levez également les yeux, mais pensez aussi à regarder vos pieds : le pavement en mosaïque a été réalisé par les céramistes Alphonse Gentil et François-Eugène Bourdet.
Autre bon point non-négligeable : sa grande proximité avec deux autres grandes coupoles Art nouveau, celle des Galeries Lafayette Haussmann et celle du Printemps. En quelques minutes à pied, vous pouvez donc faire un véritable petit parcours Belle Époque.
Le hall de la Société Générale est accessible gratuitement aux horaires d’ouverture de l’établissement, en semaine.
Et puisque vous êtes dans le quartier : si vous avez moins de 26 ans, profitez-en pour visiter le musée Gustave Moreau, dont les collections permanentes sont gratuites pour cette tranche d’âge.
10e arrondissement - Le canal Saint-Martin
Adresse (pour la baignade) : Quai de Jemmapes et quai de Valmy, 75010 Paris
Site et informations : ici
Dans le 10e, je vous conseille de ne pas chercher forcément un musée. Le quartier se découvre beaucoup à pied, et le canal Saint-Martin est probablement l’un des paysages les plus parisiens que vous puissiez vous approprier.
Inauguré en 1825, le canal avait notamment pour objectif d’améliorer l’approvisionnement de Paris en eau potable. Le projet, envisagé depuis plusieurs siècles, se concrétise sous Napoléon Bonaparte. Les travaux commencent en 1802 et s’achèvent une vingtaine d’années plus tard. Aujourd’hui, le canal s’étend sur environ 4,5 kilomètres, dont près de 2 kilomètres en souterrain. Il compte neuf écluses et plusieurs passerelles qui lui donnent cette physionomie si particulière.
Promenez-vous le long des quais, traversez les passerelles, installez-vous au bord de l’eau, baignez-vous (vous le pouvez encore ce dimanche et ensuite c'est FINITO !) avec un livre ou observez simplement les écluses fonctionner.
Et je vous donne même une petite excursion supplémentaire : poussez jusqu’au 19e arrondissement (bouuuh le hors-sujet) pour découvrir L’Eau et les Rêves, une péniche-librairie botanique qui fait également café et restaurant. L’accès au lieu est libre, et l’endroit est particulièrement agréable lorsque les températures baissent et que le moral atterit quelque part dans vos chaussettes.
11e arrondissement - Les passages Gustave-Lepeu et Alexandrine
Pour le 11e, j’avais envie de vous emmener dans le fameux « Paris-village » ... Les passages Gustave-Lepeu et Alexandrine font partie de ces petites respirations urbaines que l’on découvre souvent par hasard. Ils rappellent qu’au-delà des grandes places, des cafés et des rues animées, Paris possède encore de petites voies discrètes qui conservent une atmosphère provinciale (j'ose le mot !). Je vous conseille de les parcourir sans objectif particulier, plutôt en début d’après-midi.
12e arrondissement - L’île de Reuilly
Adresse : Lac Daumesnil, bois de Vincennes, 75012 Paris
Site et informations : ici
Le 12e arrondissement est probablement l’un de ceux qui illustrent le mieux les paradoxes de Paris.
On y trouve de l'ultra-moderne du côté de Bercy, du pas très beau par-ci par-là ... puis le très spectaculaire (et doré) Train Bleu, du splendide Art Déco avec le Palais de la Porte Dorée, les façades colorées de la rue Crémieux, et surtout beaucoup de vert avec notamment une jolie porte d’entrée vers le bois de Vincennes. Et au milieu de celui-ci, le lac Daumesnil. Avec environ 2 kilomètres de circonférence, c’est le plus grand lac du bois. Deux îles y sont accessibles par des passerelles. La plus grande, l’île de Reuilly, est celle que je préfère. Elle possède une grotte artificielle, une cascade et une rotonde à l’antique dessinée par l’architecte Gabriel Davioud. À la belle saison, des barques peuplent aussi les alentours. Bref ... En quelques minutes, vous passez donc de Paris à un paysage qui ressemble davantage à un parc romantique du XIXe siècle.
L’autre île, plus petite, accueille notamment des oies et des paons. Elle est en revanche, contrairement à Reuilly, interdite aux chiens.
13e arrondissement - Le parc Kellermann
Adresse : 19, rue de la Poterne-des-Peupliers, 75013 Paris
Site et informations : ici
Je vous préviens : ce parc est largement sous-estimé. Le parc Kellermann a été aménagé à l’occasion de l’Exposition internationale de 1937, sur une partie des anciennes fortifications de Thiers et au-dessus du tracé de la Bièvre. Son architecture et ses aménagements portent donc encore la marque des années 1930.
Le parc est organisé sur plusieurs niveaux, avec un jardin régulier en hauteur puis un espace paysager plus naturel en contrebas. On y trouve un bassin, un cours d’eau, une cascade et de nombreux arbres. L’ensemble change énormément selon la saison et donne parfois davantage l’impression d’un jardin de banlieue que d’un parc parisien.
Son nom rend hommage au maréchal François-Étienne-Christophe Kellermann, vainqueur de la bataille de Valmy en 1792.
NDLR : Si vous voulez découvrir davantage du 13ème arrondissement, j'avais publié cette vidéo et cette vidéo. C'est en effet, pour moi, l'un des arrondissements les moins bien connus de la capitale qui mérite pourtant un peu plus de lumière !
14e arrondissement - La Petite Ceinture
Adresse : 124, avenue du Général-Leclerc, 75014 Paris
Site et informations : ici
La Petite Ceinture est, pour rappel, cette ancienne ligne ferroviaire encerclait la capitale. Les premiers tronçons sont ouverts à partir de 1852 et la ligne est progressivement complétée jusqu’en 1869. Elle permettait notamment aux trains de marchandises de contourner Paris et de relier les grandes lignes ferroviaires sans avoir à entrer dans les gares terminus. À partir de 1862, une partie de la ligne accueille également des voyageurs. Son trafic connaît son apogée autour de l’Exposition universelle de 1900, avant de décliner progressivement avec l’essor du métro et des autobus.
Le trafic voyageurs disparaît finalement et la ligne entre peu à peu dans une longue période d’abandon.
Aujourd’hui, certains tronçons ont été réaménagés et ouverts au public. Celui du 14e est l’un de mes préférés : végétation sauvage, anciens ouvrages ferroviaires, talus et impression de traverser un morceau de ville oublié. On a l'impression de faire de l'urbex mais en version légale.
Et puisque vous êtes dans le 14e, voici un deuxième secret que je vous offre : le marché de la création du boulevard Edgar-Quinet. Chaque dimanche, artistes et créateurs installent leurs œuvres dans une véritable galerie à ciel ouvert. On peut y rencontrer directement les artistes, regarder les peintures, photographies et créations proposées et simplement se promener entre les stands, en accès libre et gratuit.
NDLR : Autre arrondissement sous-côté, je vous propose de découvrir ma vidéo sur le sujet en cliquant ici.
15e arrondissement - Le parc Georges-Brassens
Adresse : 2, place Jacques-Marette, 75015 Paris
Site et informations : ici
Je sais, je parle souvent du parc Georges-Brassens. Mais j’assume. Parce que je trouve que c’est l’un des parcs les plus intéressants de Paris, notamment pour quelqu’un qui vient d’arriver dans la capitale et cherche des endroits qui ne ressemblent pas exactement à l’image que l’on se fait de la ville. Le parc a été aménagé à partir de 1984 sur l’emplacement des anciens abattoirs de Vaugirard. Avant cela, le secteur était beaucoup plus rural : jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le vignoble de Périchot occupait une grande partie du paysage. Les vignes ont ensuite progressivement laissé place aux cultures maraîchères avant l’installation des abattoirs au XIXe siècle. Aujourd’hui, le parc joue sur plusieurs niveaux et plusieurs atmosphères : rivière, petit pont, bassin, cascade, roseraie, jardin des senteurs, plantes aromatiques et médicinales… Il abrite même une vigne de pinot noir et un rucher pédagogique. On peut en fait y faire plusieurs choses très différentes le même jour.
En prime, le week-end, sous les anciennes halles, se tient le marché du livre ancien et d’occasion. Une vingtaine de libraires y proposent livres anciens et modernes, éditions originales, autographes, gravures, affiches, vieux papiers, bandes dessinées, photographies, vinyles et livres pour enfants.
Et si vous souhaitez poursuivre votre promenade ... à moins de 5 minutes se trouve la maison de Georges Brassens (entre 1966 et 1981) au 42 rue Santos-Dumont. Elle n’a franchement rien d’extraordinaire mais en faisant quelques pas supplémentaires, vous tomberez sur la Villa Santos-Dumont, une impasse secrète qui abrite plusieurs anciens ateliers d’artistes (dont celui de Fernand Léger).
Enfin, autre adresse à garder en tête dans le 15e : le musée Bourdelle, dont les collections permanentes sont accessibles gratuitement. Son ancien atelier est à lui seul une excellente raison d’y aller.
16e arrondissement - Les serres d’Auteuil
Adresse : 3, avenue de la Porte-d’Auteuil, 75016 Paris
Site et informations : ici
Si vous avez besoin de voyager sans prendre l’avion, rendez-vous aux serres d’Auteuil. Et particulièrement dans les serres tropicales. Le jardin des Serres d’Auteuil est né à la fin du XIXe siècle et rassemble plusieurs univers : jardin régulier, architecture classique, serres historiques, jardin paysager, inspiration japonaise et collections botaniques.
Près de 6000 végétaux y sont regroupés en collections thématiques et botaniques : palmiers, ficus, bégonias, fougères, plantes succulentes, espèces originaires de Nouvelle-Calédonie …
Les grandes serres constituent l’un des témoignages les plus remarquables de la vogue des jardins d’hiver au XIXe siècle. Leur architecture métallique et leurs verrières donnent au lieu une atmosphère assez extraordinaire.
Le palmarium est particulièrement spectaculaire : chaleur tropicale, végétation luxuriante, bassin, carpes japonaises et parfois même oiseaux exotiques. C’est finalement une adresse que je recommande tout particulièrement en hiver. Quand Paris est gris, qu’il fait froid et que vous avez l’impression d’avoir déjà fait le tour de votre appartement… entrez là-dedans.
Vous aurez immédiatement l’impression d’être ailleurs.
Allez, encore un petit bonus ... notez également Bagatelle dans votre liste : le parc est gratuit hors saison, généralement d’octobre à mars (en haute saison : 2,80 euros), et possède notamment une très belle roseraie ainsi que plusieurs cascades.
17e arrondissement - Féau Boiseries
Adresse : 9 rue Laugier, 75017 Paris
Site et informations : ici
Celui-ci est vraiment pour les amateurs de décoration, d’architecture et de patrimoine. Féau Boiseries conserve une collection absolument exceptionnelle de décors anciens : environ 1800 m² consacrés à quelques 300 décors, allant du XVIIe au XXe siècle.
Boiseries, panneaux décoratifs, paravents, moulures et éléments architecturaux y sont réunis comme dans une immense bibliothèque de fragments de maisons disparues.
Le plus frustrant, c’est que vous ne pouvez pas simplement pousser la porte et entrer. Le showroom ouvre gratuitement sur demande à certaines dates seulement, souvent autour de grands rendez-vous professionnels comme Paris Design Week en septembre ou Paris Déco Off en janvier, parallèlement à Maison & Objet.
Mais si vous avez la possibilité de le visiter, allez-y. C’est l’une des adresses les plus confidentielles de cette liste et probablement l’une des plus impressionnantes pour qui aime les décors anciens.
18e arrondissement - Jardin Junot et villa Léandre
Adresse : 23, avenue Junot, 75018 Paris
Site et informations : ici
Il fallait évidemment que Montmartre apparaisse dans cette liste, vous ayant partagé un post dédié pas plus tard qu'hier (à retrouver ici).
Le jardin Junot est l’un de ces petits jardins de quartier que l’on pourrait très facilement ne jamais remarquer. Il faut sonner à l'interphone, passer une grille puis une porte pour y accéder et, une fois à l’intérieur, l’atmosphère devient immédiatement plus intime.
Ce n’est pas nécessairement le jardin le plus spectaculaire de Paris. C’est justement ce qui me plaît. Il a quelque chose de très quotidien, avec ses habitués (on pourrait même dire « ses villageois ») et même deux gros lapins qui y vivent.
Celui-ci est collé à l’hôtel particulier Montmartre à deux pas de la villa Léandre, autre lieu que je souhaitais vous présenter. Cette dernière est une petite voie en impasse accessible depuis l’avenue Junot. Ses maisons à pignons, bow-windows et façades de briques évoquent davantage certaines rues londoniennes que le Paris auquel on pense spontanément.
Bon à savoir : les horaires d’ouverture du jardin peuvent varier.
19e arrondissement - L’église orthodoxe Saint-Serge-de-Radonège
Adresse : accès depuis le 93, rue de Crimée, 75019 Paris
Site et informations : ici
Je vous ai déjà fait entrer dans plusieurs églises, je sais. Mais celle-ci est probablement la plus secrète de TOUTE la liste.
Pour commencer, vous risquez de passer devant sans comprendre qu’il y a quoi que ce soit à voir.
L’entrée se trouve au 93, rue de Crimée. Il faut franchir le portail puis emprunter une voie qui donne l’impression de pénétrer dans une propriété privée. Et soudain, derrière les arbres, apparaît une petite église en bois peinte, qui semble complètement incongrue dans le paysage parisien.
La paroisse Saint-Serge est fondée en 1924-1925, après l’acquisition de la colline par voie d’enchères publiques le 18 juillet 1924. Elle est consacrée à saint Serge de Radonège, l’un des saints les plus importants de la tradition orthodoxe russe.
Le site abrite également l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, ce qui explique l’importance intellectuelle et spirituelle du lieu. La paroisse organise des offices, mais aussi régulièrement des conférences, concerts, projections, expositions et autres événements culturels.
Pour visiter l’église, renseignez-vous sur les offices (souvent le dimanche matin) et les événements ouverts au public. Si vous entrez à l’issue d’un office, faites-le évidemment avec la plus grande discrétion et dans le respect du lieu. Et même si vous ne parvenez pas à entrer, l’extérieur mérite largement le déplacement.
20e arrondissement - Le Père-Lachaise
Adresse : 16, rue du Repos, 75020 Paris
Site et informations : ici
Et voilà le dernier. Je sais ce que vous allez me dire : le Père-Lachaise, un secret ? Non. Évidemment que non. Mais si vous venez d’arriver à Paris, il serait franchement dommage de ne pas vous y promener au moins une fois.
Le cimetière du Père-Lachaise est l’un des lieux les plus connus de la capitale, mais c’est aussi l’un de ceux dans lesquels on peut continuer à faire des découvertes, même après des années.
On y vient pour les tombes célèbres, bien sûr : écrivains, artistes, musiciens, hommes et femmes politiques, scientifiques … (ma vidéo sur le sujet est visionnable en cliquant ici).
Mais je vous conseille surtout de ne pas faire uniquement un « parcours des célébrités ». Prenez une allée au hasard. Regardez les arbres, les chapelles, les sculptures, les inscriptions, les tombes oubliées. Certaines histoires sont infiniment plus intéressantes que celles que l’on vient chercher. Et revenez à différentes saisons. En automne, particulièrement. Lorsque les arbres prennent des teintes dorées et rouges. Il peut être très beau, mais aussi étonnamment émouvant. J’ai également découvert récemment le travail de Benoît Gallot, conservateur du Père-Lachaise, qui partage sur les réseaux sociaux son regard sur le cimetière et ses histoires (son compte ici). Il a également publié La vie secrète d’un cimetière, une manière assez merveilleuse de comprendre qu’un lieu que l’on croit connaître peut encore cacher énormément de choses.
Bref, bienvenue à paris !
Paris est une ville fatigante. Elle peut être bruyante, sale, trop chère, parfois franchement pénible. On peut avoir l’impression, les premières semaines, d’être noyé.e sous les monuments, les quartiers, les musées, les restaurants, les rues et les recommandations que l’on vous donne à longueur de journée. Alors ne cherchez pas à tout voir. Choisissez quelques endroits.
Retournez-y. Ayez vos habitudes. Trouvez votre banc préféré, votre bibliothèque, votre petit jardin, votre église, votre café, votre rue dans laquelle vous aimez marcher sans raison particulière. Et surtout, laissez-vous le temps de découvrir votre Paris.
Rassurez-vous. Après des années à la parcourir, je continue encore à pousser une porte que je n’avais jamais remarquée, à découvrir une histoire que je ne connaissais pas ou à traverser un quartier avec l’impression de le voir pour la première fois.
Alors, aux nouveaux Parisiens : bienvenue. J’espère qu’en me suivant, je pourrai vous prêter un peu mes yeux et vous aider à regarder cette ville autrement.
À très vite pour une prochaine promenade…
Votre amie dévouée,
Constance




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